A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, éclairage sur une situation critique, mais trop souvent oubliée : celle des femmes chrétiennes en Iran, Érythrée, Afghanistan... Dans des pays où être une femme entraîne des discriminations et être chrétien entraîne des persécutions, les femmes chrétiennes subissent de plein fouet une double vulnérabilité.
Protéger la liberté religieuse, c’est aussi protéger les droits des femmes. À l’occasion du 8 mars, l'ONG Portes Ouvertes rappelle que, si la liberté de pensée, de conscience et de religion est un droit fondamental, des millions de femmes de par le monde en sont pourtant privées.
Iran : Des années de prison pour une femme enceinte
En Iran, les femmes converties au christianisme sont régulièrement surveillées, arrêtées ou condamnées à de longues peines de prison, témoigne L’année dernière, l’Iran a ainsi condamné Narges Nasri, 37 ans et enceinte de son premier enfant, à 16 ans de prison pour ses activités chrétiennes : 10 ans de prison pour "activités de propagande contraires à la loi islamique", 5 ans pour appartenance à un "groupe d'opposition" - en réalité une église de maison, et 1 an pour avoir partagé sur les réseaux sociaux son soutien au mouvement "Femme, Vie, Liberté". La condamnation avait été rendue publique un... 8 mars.
Sous le régime du Guide suprême Ali Khamenei, l’Église en Iran a vécu pendant des décennies sous une pression intense. Traités comme des citoyens de seconde zone, chrétiens et chrétiennes étaient confrontés à des restrictions, arrestations et formes de persécutions : "De nombreux croyants fidèles ont subi des souffrances simplement pour avoir suivi Christ" résume un expert de Portes Ouvertes pour l'Iran. Avec l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël et la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, certains entrevoient la possibilité d'un avenir différent, "un avenir où la liberté de conscience, la dignité et la justice seraient accordées à tous les Iraniens, quelle que soit leur foi ou leur origine." Malheureusement, dans la période actuelle pleine d’incertitude, les chrétiens restent des cibles privilégiées lorsque le régime iranien cherche des boucs émissaires.
Afghanistan: un effacement progressif des femmes
"Être secrètement chrétienne en Afghanistan, c’est marcher sur le fil du rasoir. C’est une vie de souffrances et de précautions, mais aussi d’espoir et de force" confie Samira (pseudonyme) à Portes Ouvertes. Cette chrétienne afghane fait état d'un rétrécissement des droits des femmes dans son pays depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021. Elles sont exclues de l’éducation, de l’emploi, de la vie publique… et, tout récemment, de la protection contre les violences conjugales suite à l'instauration d'un nouveau code pénal.
Nigéria : toujours captive, car elle a refusé de renier Jésus
Au nord du Nigéria, les chrétiennes sont particulièrement exposées aux enlèvements, aux mariages forcés et aux violences de groupes extrémistes. Leah Sharibu est devenue un cas emblématique: cette jeune fille capturée à 14 ans en 2018 dans une école à Dapchi (État de Yobé) est la seule des 110 captives à ne pas avoir été relâchée, car la seule à s’être identifiée comme chrétienne auprès des terroristes d’ISWAP (État islamique).
Érythrée : Emprisonnée dans un conteneur
En Érythrée, certaines femmes sont arrêtées et détenues dans des conditions extrêmes. Hiwot (pseudonyme), emprisonnée après avoir rejoint une église évangélique, a passé près de dix ans dans un conteneur métallique, exposée à une chaleur intense et privée de soins. Ces pratiques visent à briser la foi et l’identité des femmes chrétiennes.
Une persécution silencieuse
La persécution des femmes se déroule souvent dans la sphère privée, à l’abri des regards: mariages forcés, violences domestiques, assignation à domicile, pressions familiales (perte de la garde des enfants, perte d’héritage…). Cette souffrance silencieuse reste largement méconnue.
C.L. avec Portes Ouvertes

Portes Ouvertes France/Belgique (réseau Open Doors International) est une association protestante d’intérêt général basée à Strasbourg, dont le fondateur est un chrétien néerlandais connu sous le pseudonyme de «Frère André».
